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📮 Il faut se méfier de Facebook, version rapide

Depuis une semaine on entend beaucoup parler de Facebook, Ă  propos d’une affaire de vol de donnĂ©es. J’ai rĂ©digĂ© un long, trĂšs long article pour mettre mes notes personnelles au propre et pour en parler Ă  mes contacts sur Facebook. Ceci est une version rĂ©duite de mon article. Chaque paragraphe a un lien vers la partie correspondante.

Facebook collecte Ă©normĂ©ment de choses sur nous. Et on les contribue de maniĂšre tout Ă  fait volontaire. C’est un problĂšme. lien

L’app du rĂ©seau social siphonne les informations de nos tĂ©lĂ©phones, via le carnet d’adresse par exemple, mais aussi de l’accĂ©lĂ©romĂštre de notre mobile, des informations liĂ©es aux photos stockĂ©es
 lien

Facebook nous cible aussi sur le web : Ă©normĂ©ment de sites intĂšgrent un lien de tracking qui permet de lier une visite Ă  un profil, et donc savoir exactement qui est passĂ© par quel site. De mĂȘme pour les apps : une trĂšs grosse proportion des apps qu’on utilise tous les jours envoient des donnĂ©es de traçage Ă  Facebook. lien

Les employé·e·s de Facebook sont aussi trĂšs surveillĂ©s par une Ă©quipe spĂ©cifique, qui gagne accĂšs Ă  leurs messages, emails, etc
 afin de repĂ©rer qui parle Ă  la presse, entre autres. lien

Quand on demande Ă  Facebook une copie de ses donnĂ©es, une partie n’est pas communiquĂ©e, c’est le shadow profile, qui contient les informations communiquĂ©es sans notre consentement (donnĂ©es de navigation ou d’usage d’apps par exemple) lien

Et on n’est pas abonné·e Ă  Facebook ? Bah on est quand mĂȘme tracké·e : les donnĂ©es de navigation, d’usage d’apps, de carnet d’adresse des contacts, permettent au rĂ©seau social de constituer un shadow profile liĂ© Ă  aucun profil public. lien

La question la plus importante, c’est pourquoi ils font ça. La rĂ©ponse est simple : c’est pour faire du beurre. Les donnĂ©es qu’ils collectent sont utilisĂ©es pour cibler des publicitĂ©s. Comme Google, le business model de Facebook, c’est le surveillance capitalism. « La crĂ©ation de richesses passe par l’extraction de donnĂ©es et non plus par la crĂ©ation de nouveaux biens Â» lien

Dans son fonctionnement, Facebook utilise des mĂ©canismes qui poussent leurs utilisateurs Ă  l’addiction. Plus les utilisateurs passent de temps sur le rĂ©seau social, plus Facebook gagne d’argent. lien

Il y a autour de Facebook une galaxie d’intĂ©rĂȘts douteux au niveau des investisseurs. Des russes, des espions et des oligarques, des proches de la famille Kushner (le gendre de Donald Trump), ce qui explique le silence du rĂ©seau social lorsque les premiĂšres accusations de collusions russes ont fait leur apparition. lien

Facebook nous promet que nos donnĂ©es sont protĂ©gĂ©es, mais c’est du pipeau
 et on sait ça depuis au moins 2010. lien

L’histoire de la semaine, c’est Cambridge Analytica, une boĂźte d’analyse de donnĂ©es qui verse dans le façonnage de l’opinion et la propagande. Cette entreprise a utilisĂ© des donnĂ©es de Facebook, rĂ©cupĂ©rĂ©es de maniĂšre trĂšs louche, pour cibler de maniĂšre trĂšs prĂ©cise des publicitĂ©s pour Donald Trump, mais aussi pour convaincre ses opposants de ne pas aller voter. lien

De 2010 Ă  2015, Facebook a partagĂ© avec n’importe quel dĂ©veloppeur les donnĂ©es de chaque utilisateur de leurs application
 mais les dĂ©veloppeurs avaient aussi accĂšs aux donnĂ©es des contacts des utilisateurs. De plus, Facebook est vraiment laxiste sur la gestion des donnĂ©es refilĂ©es aux dĂ©veloppeurs : il n’y a pas de systĂšme de contrĂŽle des donnĂ©es. lien

Il est possible de limiter le partage des informations avec Facebook ou Google. Ne plus utiliser Google Chrome, installer des extensions pour Firefox, comme Privacy Badger et uBlock, changer le moteur de recherche vers Qwant. Il y a aussi des bloqueurs de contenu pour iOS et Android. Quant Ă  Facebook, il y a des rĂ©glages Ă  trouver pour interdire la transmission des donnĂ©es aux dĂ©veloppeurs extĂ©rieurs. Toutes les infos : lien

Il n’y a pas que Facebook. Google, Linkedin, Twitter ont le mĂȘme business model, et donc sont aussi Ă  redouter. lien

Maintenant, comment on s’en sort ? lien

Pour citer le lanceur d’alertes Edward Snowden, Facebook gagne son argent en exploitant et revendant les donnĂ©es intimes de la vie privĂ©e de millions de gens, bien au delĂ  des dĂ©tails que nous postons volontairement. Ils ne sont pas des victimes [de la mauvaise utilisation de nos donnĂ©es], ils sont des complices. lien

Si on y regarde bien, les donnĂ©es qu’on donne Ă  Facebook ont Ă©normĂ©ment plus de valeur que les services que Facebook nous rend. En tant qu’utilisateurs, on y perd. lien

La principale cause de tous ces problĂšmes que je dĂ©cris, c’est l’exploitation de nos donnĂ©es en gĂ©nĂ©ral. Des services gouvernementaux de plusieurs dizaines de pays font appel aux entreprises de surveillance pour profiter de leurs bases de donnĂ©es et mĂ©thodes de ciblage. lien

Ça barde pour Facebook : en plus des jugements dĂ©jĂ  donnĂ©es Ă  Facebook en Allemagne ou en Belgique, et du rĂšglement de protection des donnĂ©es personnelles qui arrivera en application en mai prochain Ă  l’échelle europĂ©enne, beaucoup de choses ont bougĂ© dans la semaine. Mandat de perquisition pour Cambridge Analytica, baisse de 5% de l’action de Facebook, invitation de Mark Zuckerberg Ă  rĂ©pondre Ă  l’enquĂȘte du parlement britannique
 lien

Depuis, beaucoup de choses se sont passĂ©es. Mark Zuckerberg a dit qu’il Ă©tait dĂ©solĂ© (c’est pas assez), l’inventeur du Web Tim Berners-Lee, dit qu’il faut tout faire Ă©voluer, certains appellent mĂȘme au dĂ©mantĂšlement de Facebook. Toutes les rĂ©actions sont dans cette partie : lien, et je suis en train de mettre au propre mes notes de la semaine sur les news depuis jeudi.

Un petit conseil ? Faites attention Ă  ce que vous lisez, faites attention Ă  ce que vous partagez sur Internet, et qui ça va enrichir. lien

Si tu veux supprimer ton compte Facebook, ton Messenger, ton WhatsApp et ton Instagram, il y a plein de moyen de rester en contact avec tes proches. Riot ou Signal par exemple sont trĂšs bien pour la conversation : les systĂšmes sont chiffrĂ©s de bout en bout. Pour partager des photos, des statuts, et rĂ©agir aux partages de tes amis, il y a Mastodon : comme pour l’email (gmail, yahoo
) il y a plein de serveurs diffĂ©rents (mamot.fr, mastodon.social
), moi je suis @joachim@boitam.eu, n’hĂ©sitez pas Ă  m’y contacter. lien

La suite de ce billet est Ă  l’adresse suivante : https://joachimesque.com/blog/2018-03-26-facebook-quelques-notes-sur-la-suite


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